RED ROOM LOUNGE DE MEGAN ABBOTT EDITIONS DU MASQUE

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MEGAN ABBOTT OU LES DESSOUS CHICS ET CHOCS DU POLAR AU FEMININ

 

 

Que serait le polar féminin sans Megan Abbott ?

Ses ancêtres féminines, qui ont tracés la voix du genre littéraire sont plutôt du style chignons et tasses de thé. Ensuite sont apparus les enquêtrices intrépides menées souvent par nos amies anglaises. Certes, le sang est répandu et les héroïnes n'ont pas froid aux yeux mais comment vous dire, avec Megan Abbott, le polar prend une dimension esthétique vertigineuse et une allure jamais exploré auparavent.

Les personnages qui habitent ses romans sont des femmes fortes, toutes droit sorties du cinéma des années 50. Tout y est, les descriptions des vêtements, les attitudes, les moeurs de l'époque, les belles voitures carossées.

Ces créatures sont vétues de fourreaux, elles portent des gants pour conduire leur buick, leurs lèvres sont peintes en rouge carmin. Elles fument en buvant des cocktails et en lisant des magazines de mode, leurs coiffeurs sont leurs meilleurs amis. Elles s'échangent leurs recettes de cuisine tout en se repoudrant le nez et se confient leurs secrets d'alcove. La femme est donc portée au nue mais surtout sublimée, magnifiée, glorifiée. Certaines sont néanmoins des êtres totalement vénimeux, la plupart d'ailleurs mais elles sont tellement chics !

 

Ses portraits sont écrits avec une plume trempée dans le vitriol, derrière le vernis de la femme parfaite, cliché très photographique, s'inscrit une lignée de garces aux ongles parfaitement manucurés. Ses héroïnes prennent l'apparence de femmes au foyer totalement convenables, qui tiennent leur maison de main de maître, de prostitués à la dérives, d'enseignantes rangées et sages... en apparences. C'est en cela que Megan Abbott est extrement forte, elle se joue des clichés pour mieux manipuler. Son écriture est comme ses personnages : élégantes, chicissimes et perverses aussi.

 

Et les hommes dans tout cela, me direz vous ? Ils sont là, présents certes, tiennent leur rang par leur présence dans la société de l'époque. Ils sont flics, hommes de main, mafieux, dangereux donc mais au fond, totalement sous l'emprise de ces femelles prédratrices et cruelles. Elles se jouent d'eux, de leurs faiblesses pour mieux les asservir et ceci sans qu'ils s'en aperçoivent ou presque. Pauvres bougres ! Mais Messieurs, ne soyez pas effrayés par la lecture de tels romans, vous allez à coup sûr tomber sous le charme.

 

Le polar féminin sans Megan Abbott serait donc comme le cinéma américain des années 50 sans la présence de Rita Hayworth, Katheryn Hepburn ou encore Marylin Monroe, totalement inenvisageable et surtout tellement moins savoureux !

 

Nous voici donc à Los Angeles. Quartiers résidentiels, les palmiers sont bien alignés dans les allées, les jardins entourant chaque maison sont méticuleusement entretenus, les Buick ou Chevrolet rutilantes garées tout au bord. L'air est chaud, pas la moindre brise ne semble vouloir rafraichir l'air de ce coin à l'apparence idyllique. Les studios d'Holywood sont tout près.

C'est ici que réside Lora King, une jeune enseignante bien propre sur elle. Elle vit avec son frère Bill, flic de son état. Ils sont heureux et vivent l'un pour l'autre de façon quasiment fusionnelle. Lorsque Bill rencontre la belle et mystérieuse Alice , il en tombe eperdument amoureux et l'épouse peu de temps après. Lora accepte cette union et s'efface pour laisser les tourtereaux en tête à tête et emménage de son coté. Peu à peu s'instaure entre ces deux rivales une relation ambigue et equivoque. Néanmoins, les apparences sont sauves, chacune tient son rang à merveille.

Alice, frôle la perfection dans son rôle de maîtresse de maison. Elle organise cocktails et autres soirées où tous les d'amis du quartier se bousculent. Cuisine comme une reine et semble maitriser jusqu'au moindre souffle qu'emet son entourage. C'est ainsi qu'elle présente à Lora l'énigmatique Mike,un homme qu'elle a connu autrefois. Ce charmeur invétéré est un bourreau des coeurs, du moins c'est ainsi que la gente féminine le reconnait. Sagit-il d'une tactique de sa part ? Difficile de voir clair dans son jeu, en surface tout est lisse mais les codes sont tronqués, les dés sont pipés.

Lora, de son coté, ne peut se défaire de sa méfiance à propos de sa belle soeur qui, il est vrai, reste très evasive sur son passé. Persuadée qu'elle cache des secrets peu avouables, elle enquête incidieusement et tente de mettre en lumière les zones sombres de celle qu'elle considère comme une intrue.

 

Roman noir au parfum de scandale pour une époque révolue que Megan Abbott exhume de façon si magistrale. Encore une fois, elle fait dans la dentelle. Fine et sexy uniquement, cela va de soi !

 

 

 

 

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Les Perroquets de la place d'Arezzo 23/10/2013 10:32

C'est vraiment une histoire enivrante. Super le partage!

Mercedes Benz ML55 AMG Air Conditioner Compressor 27/12/2012 09:03

Thank you for the share, i enjoyed reading it.

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